Golshifteh Farahani

Golshifteh Farahani

Chaque jour qui passe est peut-être le dernier jour de la vie de Sakineh Mohammadi Ashtiani. Chaque heure qui vient  la rapproche inéluctablement de cette mort par lapidation à laquelle la  justice iranienne l’a condamnée. Cette femme, qui croupit depuis 5 ans  dans la prison de Tabriz, a été condamnée, au terme d’un simulacre  judiciaire dont l’Iran a le secret. L’adultère est le prétexte de ce  verdict qui l’expose à une mort atroce. On tue avec des pierres, on  sauve avec des mots. La Règle du jeu, le magazine ELLE, le quotidien  Libération prennent donc aujourd’hui une nouvelle initiative. Artistes,  intellectuels, hommes et femmes politiques ainsi que nos lecteurs, tous  sont invités à nous faire parvenir un message. Une citation, un  témoignage de solidarité, une prière: tous les messages sont les  bienvenus  pourvu qu’ils disent à Sakineh qu’elle est moins seule qu’il n’y paraît et à  ses assassins que le monde les regarde et les juge. Chaque jour Sauvons  Sakineh!

Aujourd’hui, c’est Golshifteh  Farahani qui prend la parole :

“Comme  femme, comme Iranienne, je pleure pour toi Sakineh. Les autorités judiciaires iraniennes avaient déclaré qu’il n’y aurait plus jamais de lapidation en Iran. Maintenant, si elles veulent ne pas perdre toute crédibilité, elles doivent honorer leur parole. Le pouvoir peut renverser le verdict de l’appareil judiciaire. Il l’a déjà fait dans le passé. L’exécutif veut-il vraiment de cette lapidation qui abime son image ? C’est son choix, c’est sa décision. J’espère que cette fois-ci encore l’attention internationale va peser de tout son poids. Comme elle a fait libérer le cinéaste Jafar Panahi de sa prison. Et que Sakineh échappe à la mort.”
Golshifteh Farahani

Le 30/08/2010